BELLEGARDE

Paris, 2005. Un vieux groupe sans nom hésite encore entre pop neurasthénique et afro beat blanc. Sarah et Jérôme, les deux leaders incontestés car seuls membres vivants, n'en peuvent plus de se chamailler. Sarah refuse d'écouter l'imitation de Dominique A que Jérôme aime faire à chaque répétition, et Jérôme ne supporte plus de voir Sarah changer de T-shirt à chaque fois qu'il a le dos tourné. Décidant de diviser pour mieux régner, ils engagent un troisième musicien. Michaël aime attacher ses jambes à un bendir et taper très fort sur la théière, mais ça pourrait être pire. Malheureusement, après trois mois de travail acharné, il décide de jouer de la batterie pour faire plus de bruit. Du coup, Sarah ne s'entend plus chanter et Jérôme ne voit plus ses cordes claquer dans la pénombre. Heureusement, un cambrioleur se prend les pieds dans un jack en voulant cambrioler le studio où le trio tente d'enregistrer sa 6ème démo (du rythm & blues catatonique sur 28 pistes). Il s'appelle Greg et, comme il n'a pas d'argent pour rembourser la vitre, on le nomme bassiste. Il joue avec un médiator et claque la porte chaque fois qu'on critique son orthographe, mais la magie opère. Bellegarde est née.