CLARIKA

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Sa mère est professeur de lettres, son père poète hongrois et réfugié politique. Après une enfance en Haute-Savoie elle monte à Paris et cherche sa voie, entre le théâtre et des études de lettres.

Elle rencontre le chanteur et musicien belge Jean-Jacques Nyssen, rencontre amoureuse et artistique, qui les mènera à faire quatre albums et deux enfants. Clarika signe avec lui plusieurs maquettes envoyées aux maisons de disques.

En 1993, François Hadji-Lazaro, de la société de production indépendante Boucherie Productions, produit son premier album, J'attendrai pas cent ans, sous son nouveau label consacré à la chanson. Le titre Tu dors tout l'temps passe en radio. Après quelques concerts au Sentier des Halles et au Lucernaire, elle perce grâce au festival des Francofolies de La Rochelle en juillet 1993. Les majors s'intéressent alors à elle, Sony notamment lui propose un contrat.

En 1997, elle sort un deuxième album Ça s'peut pas, produit par Dominique Blanc-Francard, et elle prend de l'épaisseur. Elle poursuit son parcours en dehors des circuits des grands médias.

En 1998, elle reçoit au festival des Francofolies le prix Félix Leclerc du meilleur jeune auteur.

En 2001, elle enregistre La fille, tu sais, avec en particulier la chanson Les garçons dans les vestiaires qui sera tournée en clip.

En 2002, elle reprend Comprend qui peut de Boby Lapointe sur l'album Boby Tutti-Frutti - L'hommage délicieux à Boby Lapointe de Lilicub.

En 2005 après une tournée en première partie de Zazie de juin à septembre, qui lui permet de toucher le grand public, elle sort son CD Joker. Dans cet album, deux duos sont des reprises de morceaux plus anciens: L'océan des possibles avec Michel Jonasz et Non, ça s'peut pas avec Bernard Lavilliers ; (elle a par ailleurs fait la première partie de concert de Bernard Lavilliers à l'automne 2005).

En 2006, Clarika tourne en concert notamment à Paris, à La Cigale en janvier, et à l'Olympia en octobre. Sur scène, outre ses propres morceaux, elle reprend Une femme avec toi de Nicole Croisille, Antisocial du groupe Trust mais aussi Free from desire de Gala.. Jean-Jacques Nyssen a écrit une nouvelle chanson dédiée à un Français de 22 ans disparu en Colombie depuis décembre 2003, l'étudiant Marc Beltra, à la demande de la famille de ce dernier. Clarika interprète en concert cette chanson, Marco, une chanson libre de droits. De plus, Clarika fait partie des dix finalistes du prix Constantin qui récompense un album révélation de l'année en cours.

Fin 2006, elle est une des treize invités de Michel Delpech dans son album de duos Michel Delpech &....

Le 2 mars 2009 sortira le 5e album de Clarika dont le premier single est "bien mérité"

 

 

Nouvel album «Moi en mieux » / ULM – Universal

 

Son insolence et sa légèreté trompeuse m’ont toujours fait du bien. Qu’elle s’invite dans les vestiaires des garçons, qu’elle s’efforce de calmer les ardeurs d’un cousin trop sentimental, qu’elle conjure son amoureux d’enlever son imperméable (et le reste) ou l’implore de ne pas lui demander sa main, Clarika s’autorise une liberté de ton qui, on le sait, n’a pas manqué de faire des « petites ». Et moi qui suis si souvent rattrapé par l’esprit de sérieux (un garçon français, quoi !), j’ai bien besoin d’une fille comme ça : fantaisiste sans scrupule, désinvolte jusqu’à l’humour noir, vous serrant la gorge au moment où vous vous y attendez le moins… Une fille qui déjoue les étiquettes trop faciles, trop rapides. Libre comme l’air, en somme. Or quoi de plus salutaire dans un univers musical si souvent formaté ?

 

C’est en mai dernier que mon compagnon de route Florent Marchet (qui avait déjà signé la composition de « Je t’aimais mieux » sur le précédent album) m’a annoncé la bonne nouvelle : « la fille tu sais » allait s’installer quelques semaines dans son studio. But du « jeu » : Jean-Jacques Nyssen, le complice de toujours, et Florent s’associaient pour signer à quatre mains la réalisation du cinquième opus de la demoiselle. Belle idée, me dis-je aussitôt : ces trois-là partagent un goût manifeste pour la pop et le folk des années soixante-dix et la confrontation de leurs univers musicaux promet de l’inattendu…

 

Témoin ou espion selon les moments, j’ai donc suivi la confection de l’album, découvrant au fil des séances d’enregistrement comment les maquettes piano/voix prenaient corps : ici un clavier Rhodes, là un orgue Philicorda, quelques notes d’autoharp, des sons résolument organiques, un écho à nos chers Belle and Sebastian et autre Divine Comedy ; et puis des partitions cuivres et cordes cinématographiques comme un hommage à John Barry… Et puis la chanteuse a commencé à « poser ses voix ». Et là, ce fut une évidence : la tournée « Joker » était passée par là ; résultat : une interprétation incroyablement décomplexée, un travail en studio où résonnait sans cesse l’énergie du live qui venait de la porter sur plus de deux cents dates.

 

Quelques semaines plus tard, l’enfant est né et il s’appelle « Moi en mieux ».

Alors autoportrait made in Clarika ? Oui, à sa façon, c’est-à-dire au gré des chemins de traverse qu’emprunte son humour. Plutôt que de se décrire complaisamment, Clarika préfère en effet inventorier tout ce qu’elle n’est pas dans une cavalcade décalée et débridée (« Je ne serai pas »). Elle se plaît également à imaginer à quoi ressemblerait une Clarika idéale, une « super elle-même » (mais l’aimerait-on quand même ? se demande-t-elle). Et pudeur oblige (vous savez, cette chose pas très à la mode mais néanmoins précieuse…), l’autoportrait renferme en son cœur une « boîte à secrets », ce « coffre-fort intérieur » dont nous n’aurons jamais le « sésame »… Car Clarika ne saurait en rester à elle-même, elle jubile même quand il s’agit de se pencher… sur notre cas (qui n’est jamais très loin du sien, se doute-t-on). Le cas des « bavards », par exemple, coincés dans les ascenseurs ou sous les draps, le cas de nos corps tremblants dans le souffle hivernal, ou encore cette coiffeuse contrainte de faire des couleurs à des femmes caquetantes, mais dont la vie reste grise… Et puis ce bouleversant « Lâche-moi » que susurre une mère à son enfant, bien trop consciente que donner la vie, c’est - dès le premier cri - apprendre à se séparer…

Un autoportrait tout autant qu’une galerie de portraits donc. Treize chansons et treize façons de parler d’elle-même sans doute, d’exercer son regard aiguisé et singulier en tout cas. Un trait plus assumé que jamais.

Sans oublier deux moments on ne peut plus audacieux et surprenants dans cet album que Clarika et ses compères ont souhaité délibérément « au long court » : le début et la fin. En ouverture : la verve juste, acérée et engagée de « Bien mérité ». Rien de plus difficile, me dis-je souvent, que de se coller dans une chanson au thème de l’injustice… sans crouler sous les clichés. Le résultat est si souvent naïf et « belle âme ». Pas là, ô combien. Parions que « Bien mérité » fera date. Ce serait justice, en l’occurrence. Et puis le final, véritable morceau de bravoure : telle une Barbara convoquant la solitude personnifiée, Clarika fait le portrait de cet ami « trop fidèle » qu’est… l’Ennui ; se transformant pour l’occasion (malin contrepoint) en Calamity Jane, elle chevauche plus de cinq minutes durant le creux de nos existences avec la fougue des meilleurs B.O de western.

 

Toujours plus libre donc. Clarika ose. Et l’emporte. À la force de son talent et grâce à deux chefs d’orchestre détonants. Il n’y a pas de secret.

Arnaud CATHRINE

 

 

Et pour finir l'année en beauté,

Pour clôturer sa tournée qui l'aura fait passer par près de 130 villes en 2009/2010,

Pour éclairer ses « premiers » adieux à la scène qui auront lieu le 6 décembre au Palace,

Clarika a invité Mariam Doumbia (d'Amadou et Mariam) à partager en duo la chanson « De fille à femme », extraite de son album « Moi en mieux ».

Ces deux voix, aussi différentes que chargées d'émotions, s'unissent pour apporter à cette chanson, leurs univers, leurs cultures et leur sensibilité.

CLARIKA