DAVID COURTIN
David Courtin est un électron, généré dans un bouillon de culture. Celle des boules à facettes, des surboums et des paillettes, des eighties et des synthétiseurs analogiques ; univers délicieusement revisité par son groupe déjà mythique, Les Matchboxx.
Au sein de ce trio inventif et décalé, David est déjà un chanteur charismatique, dont les prestations plus qu'énergiques laissent ses fans sous le choc et sous le charme.
Suivant aujourd'hui sa propre course, il nous offre quatre premiers titres issus de son laboratoire de recherche. Dans la mouvance électro britannique du Neveroddoreven des «I Monster» ou des New-yorkais de «Fischerspooner», David explore ses vestiges pop, réentend les sequencers d'Elli et Jacno, réinvente le swing et la désinvolture du Daho de son adolescence, au son léché d'étonnantes machineries électroniques.
On reconnaît immédiatement le grain accrocheur et élégant de sa voix, une voix qui semble faire partie de nos connaissances de longue date, celle de nos chanteurs «préférés».
Aussi bien dans sa musique que dans ses textes, David Courtin se préoccupe du monde que l'on vit, des progrès du marketing aux affres de la solitude postmoderne ; il évoque le mal de communiquer au siècle de l'Internet, l'amour que l'on garde pour soi, le silence des villes englouties ou le fracas des multinationales dans des textes léchés, à l'apparence légère mais aux images incisives et précises, qui rappellent la douce cruauté de Jacques Duvall ou la lucidité de Gainsbourg dans les années soixante.
Dans le paysage de la chanson française de demain, David est un provocateur toujours pudique et délicat, un petit diable au visage d'ange qui se préoccupe de charmer tous nos sens, du corps à l'esprit.
Polo, novembre 2006
(Polo est l'ex-chanteur des Satellites, il a composé la musique de « C'est commercial » pour David Courtin)
David Courtin n’est rien. Trop Rock pour de la Pop, trop Pop pour de l’Electro, trop Electro pour de la chanson Française, trop Chanson Française pour du Rock…
Déjà, on ne comprenait pas grand chose à son précédent opus, sur la pochette duquel l’individu fanfaronnait au volant d’une décapotable, affublé d’une paire de lunettes de soleil que même Sarkozy n’oserait pas porter. David Courtin est pourtant loin d’être milliardaire, si l’on en croit les ventes de l’objet plus que confidentielles… A côté de lui, les Ogres de Barback font figure de nantis. C’est le genre de type qu’on imagine plutôt à la terrasse d’un bistrot wi-fi parisien (pas trop loin de l’agence ASSEDIC) pianotant sur son portable afin de caser ses « œuvres » sur Deezer ou iTunes. L’espoir d’en vendre quelques-uns suffit à faire vivre cet individu, qui plus est à vos crochets.
Pire, il récidive ! Envers et contre tout, il commet aujourd’hui un nouveau « chef d’œuvre » au titre rien moins auto-proclamé que « Bombasse ». Fini, les Ray-Ban et le « bling bling » à deux Euros. On y voit le gandin sortir de la piscine, dans son plus simple appareil, (rassurez-vous, il est coupé aux épaules) le minois resplendissant comme un lendemain de cuite. Béni soit Photoshop…
Une pochette à l’image des quatre chansons qu’elle contient : sous l’apparence de cette musique assourdissante que l’on martèle dans les discothèques et qui se contente généralement de décerveler la jeunesse, David Courtin distille des textes effrontés, cyniques en diable, dans lesquels nos valeurs traditionnelles sont littéralement bafouées. On y croit plus à rien… « Où est ma bombasse, Marie pleine de grâce je me sens seul », « L’amour est un cercueil à deux compartiments », « On dit qu’il rend aveugle et qu’y rêver rend sourd » et autres aphorismes dont je vous fait grâce. Mieux vaut encore pour nos jeunes écouter les navrantes confessions de Diams ou Vitaa que de subir cet entrisme pernicieux, dont l’apparente festivité cache un bouquet de fleurs du mal ! Ses mélodies sont des serpents qui dansent ! Ses arrangements lascifs sont propices à la transe, à la fornication, au vice, aux sept péchés capitaux !
Pour l’instant, son public tient plus de la secte déjantée que du mouvement de masse, et l’orage est encore loin. Mais prenez garde ! La musique de David Courtin contient en germe tous les éléments d’un véritable raz-de-marée à venir et je gage que d’ici peu votre petit dernier fredonnera malgré lui «Trop d’amour tue l’amour »…


