FERGUS

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Dandy malgré lui ? Avec ses mélodies légères, ses textes au scalpel et sa voix de séducteur, Stéphane Dorey trace joliment sa route entre pop anglo-saxonne et chanson française, avec de prestigieuses berlines (Gainsbourg, Dutronc, Daho, Biolay...) dans le rétro...Ce musicien accompli a vu le jour en banlieue parisienne à l'automne 68, mais c'est en Normandie, à Caen, qu'il grandit, entre un père policier et une mère disquaire. "Mes copains étaient plus impressionnés par le côté flic", commente-t-il amusé. L'influence de maman - fan de Dylan - est pourtant bien là : au lycée, il est bassiste dans des groupes nourris de punk et de coldwave : The Clash, Joy Division, Siouxsie, New Order... Obligé de faire son service, il choisit la marine. L'armée lui fera goûter au paradis (les îles lointaines et l'Australie) et à l'enfer (les autres). A son retour, il fonde Topaze avec sa compagne Sylvie Hoarau. Elle chante, il joue de la guitare En signant avec Barclay, Topaze mute en Vendetta, un patronyme qui griffe mieux sa pop nerveuse. Le groupe travaille alors avec Arthur H, Calogero, Clive Martin, Peter Von Poehl, Dorian et Tore Johansson (The Cardigans). Un rêve pour Stéphane, tombé amoureux de la Suède, l'autre pays de la pop à ses yeux. Deux albums et une rupture sentimentale plus tard, le groupe se sépare. Trop de compromis, de "tricheries" pour un Stéphane qui décide alors de jouer selon ses propres règles. Désespérant de dégoter la chanteuse rêvée, il finit par interpréter ses chansons lui-même. Avant de trouver Sacha, dont la voix douce, sucrée et piquante - repérée chez Nouvelle Vague - offre le parfait contrepoint à celle grave et détachée de Stéphane. Un soir, par hasard, Stéphane croise la route d'un chauffeur de taxi qui se rêve en Boris Bergman : Francis Hutin. Ce fut une rencontre évidente, raconte Stéphane. Le premier texte que j'ai lu, c'était "Les minijupes". En une phrase, il y avait tout. L'intention, le style, l'émotion, comme chez Jean Fauque que j'aime tellement. Je lance une idée, il écrit. On se parle beaucoup. On boit des bières, on dîne et on refait le monde Amour, guerres, désir, frustrations... Hutin trousse avec finesse et humour les vacheries du couple sans jamais tomber dans le piège du catalogue quotidien. Le conteur tourne. L'interprète nous balade dans le tracklisting. « Si tu me quittes » a été écrite au moment où je me séparais de la mère de ma fille. J'hésitais entre l'énervement et le détachement, finalement, je balance entre les deux... Sur le même thème, « Trop belle pour moi » a été écrite par Sacha. J'ai toujours pensé que j'étais avec une femme un peu... trop belle pour moi.« Les minijupes » : Sacha me dit souvent que les féministes ne vont pas être contentes !... Mais au contraire, c'est une invitation à faire l'amour et l'homme, en l'occurrence, est au foyer. « Un monde sans ladies » : Je voulais un morceau disco qui bouge. « Joyeux déprimé » : le premier morceau, écrit par un copain, Julien John. Nous étions au festival de Cannes en 2007, chez mon oncle qui tient un pressing et nous prend pour de gentils excentriques. On essayait de lui expliquer qui nous étions, et l'idée de joyeux déprimés est née... « Arrête »: Encore une chanson pour mon ex. Elle ne pouvait pas envisager qu'on puisse avoir un autre mode de vie que le sien. Quand notre fille est née, elle a souhaité que je me range, que j'ai un « boulot sérieux ». Je préfère que ma fille ait un papa heureux et sur la paille. « Arrête », c'était aussi l'un des premiers mots de Freïa, ma fille.

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