THE FUGITIVE KIND

Quatre ans après le second album de son groupe Overhead, Nicolas Leroux, alias The Fugitive Kind, (un nom emprunté au film de Sydnet Lumet, en français L'homme à la peau de serpent, un rôle sublime pour Marlon Brando en musicien vagabond) nous offre : Stone Age

Après deux expériences en groupe, il s'engage dans une aventure en solitaire, auteur, compositeur, interprète, multi-instrumentiste, Nicolas s'installe dans son studio et y campe ferme pendant trois ans. Pas une note, pas une fraction d'atome de voix ne lui échappe.

Le truc, avec les traversées en solitaire, est qu'il faut passer les caps, sans cesse éviter l'échouage, les nuits sans fin, et puis finalement, au bout du voyage, la lumière crépusculaire et l'impression sereine d'avoir réussi son pari.

La Signature sonore de l'album reste proche de celle d'Overhead, mais le travail sur les voix marque le changement. Leroux est passé maître en architecture vocale et le prouve au détour de chaque chanson. Dès le décollage, The Fugitive Kind premier morceau, donne le ton à l'album ; de prime abord ballade toute en mélancolie, à la manière d'un Coldplay première période, puis les riffs d'une guitare menaçante et le sustain en toile de fond vous prennent par surprise. Une mise en abîme perpétuelle nous plonge dans un univers éthéré.

Baigné d'une musique cinématique et hantée, The Thrill s'aventure aux frontières du trip-hop d'Alpha ou d'Hooverphonic, délice de pop gracile et lumineuse, tout comme les sublimes Winter Blast et From the Night Drive, ou encore le très Bowie-esque Chances Are.

Les influences sont ici subtilement diluées et s'il aime toujours autant Talk Talk, The Cure, David Sylvain ou P.J. Harvey, ce très personnel Stone Age nous ouvre à d'autres horizons, ceux de My Bloody Valentine et de Kate Bush, des Cocteau Twins à Joni Mitchell sans oublier l'incontournable Scott Walker.

« Depuis l'aube des temps, environ 100 milliards d'êtres humains ont vécu sur cette planète... Par une curieuse coïncidence, il existe environ 100 milliards d'étoiles dans notre univers local, la Voix Lactée. Ainsi, pour chaque homme qui vécut jamais, une étoile brille dans l'espace... Il existe certainement de par l'univers assez d'espace pour que chaque homme ait son propre monde... »

C'est sur ces mots de feu Sir Arthur C. Clarke que s'achève l'album.

Nicolas Leroux a créé de toutes pièces son univers sonore et il nous en remet les clef

THE FUGITIVE KIND