JULIEN BAER

Julien Baer est l'un des espoirs de la nouvelle vague française surgie au milieu des années 90, entre arrangements pop et textes léchés. Né en 1964, ce féru de pop music américaine qui a démarré dans les pianos-bars après avoir appris la musique sur un orgue Bontempi, sort son premier album éponyme au printemps 1997. Démarré à Londres et finalement enregistré par hasard à Los Angeles avec le batteur Hal Blaine ( qui a entre autre joué dans des productions Phil Spector tels que le "Pet Sounds" des Beach Boys), ce disque impose sous sa sobre pochette des arrangements sophistiqués et une voix aussi caressante qu'intemporelle qui va laisser ses traces dans le milieu étudiant et la presse rock. En premier lieu la bossa de "Le Monde s'écroule" et les choeurs de "Marie pense à moi", purs classiques d'un album que le chanteur, malgré les éloges, décrit tout simplement "comme un album de chansons, ni rock, ni pop". Chaînon manquant entre Yves Simon et Serge Gainsbourg tête de file d'un courant qui louvoie entre rétro et futur, ce chanteur qui refuse le diktat de "la politique de l'auteur" repart à l'ouvrage dés l'année suivante, pour finalement sortir au printemps 99 "Cherchell". Ce deuxième album studio tire son nom d'un petit port algérien. Mais malgré son titre oriental, il reste proche des racines pop anglo-saxonnes. Enregistré entre Paris et Los Angeles, épaulé sur le morceau ""Juger un homme"" par Philippe Zdar (la moitié du groupe disco-house Cassius), "Cherchell" impose définitivement Julien Baer au sommet de la nouvelle chanson française surgie avec les années 90. Entre l'acrimonie cynique de Miossec et le vague à l'âme de Dominique A. Un futur classique de demain.

JULIEN BAER