SELAH SUE
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Au-delà d’une timidité évidente, Selah Sue communique une force et une détermination que l’on ne croise pas si souvent chez quelqu’un qui a soufflé ses 21 bougies en mai dernier.
Rien ne prédisposait la jeune Belge native de Leefdaal, près de Louvain, à une carrière musicale. C’est à l’âge de 14 ans que les sonorités qui alimentent les différentes inspirations de son premier album entreront dans son univers personnel. Jusqu’alors, son seul lien avec la musique, c’est à travers des cours de danse classique qu’il s’exprime. Comme souvent chez elle lorsqu’elle s’investit dans quelque chose, il n’y a plus que ça et rien d’autre… « C’est seulement quand ces cours de danse classique sont devenus ennuyeux que j’ai ressenti le besoin de faire autre chose », explique-t-elle. « Et la musique est devenue une véritable passion. » Presque du jour au lendemain, jurerait-on l’avoir entendue rajouter…
Du côté de Leefdaal règne une forte scène ragga-reggae. Des atmosphères que Selah Sue va très vite faire siennes (« J’ai très vite adoré la façon de chanter de ces artistes »). En même temps que la soul R&B des Fugees, Erykah Badu, MeShell Ndegeocello un peu plus tard, mais surtout les Fugees et, par ricochet, Lauryn Hill. Gros dossier, ça, Lauryn Hill, chez Selah Sue ! « C’est vrai, elle est un peu un modèle pour moi. Elle rappe comme une Gangsta girl, c’est la meilleure chanteuse que je connaisse, elle est intelligente avec des textes si justes, y compris quand elle aborde des thèmes politiques, elle est belle… Son album, j’en ai appris tous les accords. »
Des accords plaqués sur une guitare que Selah Sue adopte quasiment en même temps que cette découverte de la musique. « D’une certaine façon, l’un n’allait pas sans l’autre dans mon esprit », poursuit-elle. Comme s’il lui était devenu soudain indispensable d’insuffler sa personnalité dans ce “nouveau monde” pour elle. « Je me suis donc mise à la guitare et, très vite, j’en suis venue à passer cinq-six heures dessus chaque jour. Dès que je rentrais des cours, je fonçais dans ma chambre et on ne me voyait plus. »
Chaude, puissante, profonde, légèrement éraillée, faussement fragile l’instant d’après… la voix de Selah Sue est unique. À coup sûr, c’est ce qui impressionna le sieur Milow quand il la découvrit lors d’un Open Mic en 2006 avant de décider de la prendre sous son aile. Comme furent tous aussi bluffés les spectateurs qui purent apercevoir la miss depuis en première partie de The Do, Jamie Lidell, Justin Nozuka, Keziah Jones, Sébastien Tellier… ou au détour de certains festivals cette année (Art Rock à Saint-Brieuc, Eurockéennes de Belfort).
Sont-ce ces mêmes spectateurs qui ont répandu la bonne parole sur la Toile, nourrissant à loisir ce que, ici ou là, on résume en avançant le terme de buzz ? Quoi qu’il en soit, on recense déjà près de 25 000 fans sur facebook et ses vidéos de « Raggamuffin » (1er single de l’album) totalisent déjà plus d’1 million de vues, sans parler des multiples liens renvoyant aux activités de la demoiselle. « Je suis d’une génération qui passe beaucoup de temps sur Internet », sourit-elle.
Son 1er album contiendra notamment un titre produit par MeShell Ndegeocello. Concocté dans le studio allemand de l’artiste-producteur Patrice, et co-produit avec DJ Farhot, il sera disponible début 2011.
DJ Farhot ? Son travail sur l’album de Nneka, Victim Of Truth, avait littéralement subjugué Selah Sue : « J’ai eu une énorme chance qu’il me dise ‘oui’ quand nous l’avons approché pour cet album. On s’est magnifiquement bien entendus. Je me verrais très bien écrire des chansons avec lui toute ma vie ! Avec Patrice, j’avais une relation plus organique. Plus terre à terre aussi. Ses conseils, au niveau du son, étaient tout aussi précieux. Bref, avec ces deux-là, c’était la parfaite combinaison… »
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