Prince, c'est pas du gâteau - I
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Soumis par pierre le jeu, 07/23/2009 - 11:33
[caption id="attachment_1435" align="alignleft" width="300" caption="Prince, au saut du lit"]
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Pô, pô, pô, je vous vois venir, "pourquoi est-ce qu'on nous parle de Prince, c'est quoi le rapport avec le chou-rouge?". Tout simplement, le monsieur est bientôt de passage à Paris et il se trouve que Prince fait partie des pionniers du Net. Même s'il n'a pas écrit les règles en terme de musique en ligne (d'autres s'en sont chargés), il a su proposer un Eldorado du genre pour nombre de fans, sous l'oeil épaté des professionnels de la profession.
Prince est l'un des tous premiers artistes à avoir misé sur l'affaire très tôt, avec un site chiadé et surtout toute une communauté de fans invités à s'inscrire contre monnaie pour avoir droit à des contenus exclusifs et des passe-droit pour les concerts. Les fans se sentaient trop cools et surtout trop privilégiés, vu que Prince a offert pas mal de musique directement via son site internet (beaucoup de ces albums sont restés connus uniquement des fans, d'ailleurs...). C'était le robinet à Prince, inespéré. Et si l'on pouvait s'inscrire à des tarifs plus ou moins gonflés, les inscriptions gratuites étaient possibles et l'expérience restait enthousiasmante. Souvenez-vous, Internet, ça a été ça: un accès magique à plein de choses qu'il nous fallait découvrir, et il ne nous venait pas à l'esprit de vouloir tout aspirer goulûment.
Prince venait de passer 7 ans à se chamailler avec Warner, qui refusait, par exemple, de suivre le bonhomme trop prolifique et de limiter ses sorties afin d'avoir un peu le temps de les exploiter. Prince est une usine à musique, et la maison de disque doit le contenir jusqu'au moment ou l'artiste considère qu'il est l'esclave de Warner. S'en suit la phase mystique du symbole et même le public a du mal à suivre le film. Par des truchement juridiques, son contrat chez Warner prend fin en 2000 et le petiot est libre comme l'air. Et Prince choisi le web. Internet a été la chance pour Prince de finalement gérer sa musique de A à Z, et la livrer quand bon lui semble aux internautes qui ont parfois déboursé 100 dollars pour accéder au maximum de contenu. Une stratégie plutôt balèze, et heureuse, car l'apogée de son activité en ligne a coïncidé avec un retour en grâce critique global (The rainbow children, 2001), soutenu par une tournée réussie. On doit bel et bien constater un truc: ça marche. Certains pensaient que ça sentait le sapin. Une star internationale qui a une cinquantaine d'album entièrement réalisé de ses mains dans les pattes et qui a signé un contrat en or avec une major (cent millions de dollars, et un siège au conseil d’administration de Warner...) décide de se démerder toute seule. Et Prince a finalement eu le nez creux: son activité en ligne a réellement débuté en 1998, Napster et Emule n'était encore que des surnoms bizarres qu'on pouvait éventuellement donner à des lapins.
[caption id="attachment_1442" align="alignleft" width="300" caption="Prince veut vaincre l'inspecteur Gadget à l'aide de son piano-laser. Muhahhaaaahaahaha."]
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Puis le peer-to-peer a explosé, et là, ça l'a pas trop effectué: l'œuvre fleuve officielle et pirate de Prince déboule chez tous les fans un peu câblés sans verser le moindre sous, et le bonhomme se sent un peu courroucé. Internet n'est plus une immense terre vierge à conquérir, il y a un paquet de monde qui a compris comment ça marchait et d'autres, encore plus malin, ont plus ou moins pris le pouvoir. Tout va très vite et Prince ne peut plus suivre. Et ça fait déjà depuis 1993 que Prince se sent entubé par Warner Bros. qui détient les masters de tous les albums publiés chez eux, donc Prince va pas en plus laisser des geeks lui pomper sa substantifique moelle. Donc, blocus général, différents sites (même certains sites de fans) et plateformes se font appeler Robert par les avocats de Prince, obsédé par l'idée de maitriser absolument son œuvre. Mais Internet a changé et Prince aussi. Revigoré par son succès de 2001, Prince se remet à croire en son mojo et retente une fois de plus l'aventure du marché du disque en cavalier seul, mais épaulé par Columbia pour certains aspects (promotion, distribution). Il délaisse internet en tant qu'espace d'expression libre, ouvre un magasin en ligne au contenu moyennement bien géré, et tente d'autres choses, comme distribuer gratuitement son disque aux spectateurs de ses concerts. Mais tout est devenu gratuit et instantané, et le téléchargement installe un réflexe de consommation impitoyable chez beaucoup d'internautes. Seuls les plus costauds tirent leur épingle du jeu et Prince, débordé, commence à être également largué dans ses productions. En roue libre, il livre régulièrement depuis bientôt 10 ans des disques faibles et des prestations live carrées mais peu inspirées. Désormais en retard sur Internet, essentiellement soutenu par les fidèles en dehors du territoire américain et boudé par la critique, on en est pas rendu à lui souhaiter un buzz à la Nadine Morano, tout de même, mais c'est mal mis, globalement.
A suivre...
Pierre
La suite? mmh? Ah.
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Pô, pô, pô, je vous vois venir, "pourquoi est-ce qu'on nous parle de Prince, c'est quoi le rapport avec le chou-rouge?". Tout simplement, le monsieur est bientôt de passage à Paris et il se trouve que Prince fait partie des pionniers du Net. Même s'il n'a pas écrit les règles en terme de musique en ligne (d'autres s'en sont chargés), il a su proposer un Eldorado du genre pour nombre de fans, sous l'oeil épaté des professionnels de la profession.
Prince est l'un des tous premiers artistes à avoir misé sur l'affaire très tôt, avec un site chiadé et surtout toute une communauté de fans invités à s'inscrire contre monnaie pour avoir droit à des contenus exclusifs et des passe-droit pour les concerts. Les fans se sentaient trop cools et surtout trop privilégiés, vu que Prince a offert pas mal de musique directement via son site internet (beaucoup de ces albums sont restés connus uniquement des fans, d'ailleurs...). C'était le robinet à Prince, inespéré. Et si l'on pouvait s'inscrire à des tarifs plus ou moins gonflés, les inscriptions gratuites étaient possibles et l'expérience restait enthousiasmante. Souvenez-vous, Internet, ça a été ça: un accès magique à plein de choses qu'il nous fallait découvrir, et il ne nous venait pas à l'esprit de vouloir tout aspirer goulûment.
Prince venait de passer 7 ans à se chamailler avec Warner, qui refusait, par exemple, de suivre le bonhomme trop prolifique et de limiter ses sorties afin d'avoir un peu le temps de les exploiter. Prince est une usine à musique, et la maison de disque doit le contenir jusqu'au moment ou l'artiste considère qu'il est l'esclave de Warner. S'en suit la phase mystique du symbole et même le public a du mal à suivre le film. Par des truchement juridiques, son contrat chez Warner prend fin en 2000 et le petiot est libre comme l'air. Et Prince choisi le web. Internet a été la chance pour Prince de finalement gérer sa musique de A à Z, et la livrer quand bon lui semble aux internautes qui ont parfois déboursé 100 dollars pour accéder au maximum de contenu. Une stratégie plutôt balèze, et heureuse, car l'apogée de son activité en ligne a coïncidé avec un retour en grâce critique global (The rainbow children, 2001), soutenu par une tournée réussie. On doit bel et bien constater un truc: ça marche. Certains pensaient que ça sentait le sapin. Une star internationale qui a une cinquantaine d'album entièrement réalisé de ses mains dans les pattes et qui a signé un contrat en or avec une major (cent millions de dollars, et un siège au conseil d’administration de Warner...) décide de se démerder toute seule. Et Prince a finalement eu le nez creux: son activité en ligne a réellement débuté en 1998, Napster et Emule n'était encore que des surnoms bizarres qu'on pouvait éventuellement donner à des lapins.
[caption id="attachment_1442" align="alignleft" width="300" caption="Prince veut vaincre l'inspecteur Gadget à l'aide de son piano-laser. Muhahhaaaahaahaha."]
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Puis le peer-to-peer a explosé, et là, ça l'a pas trop effectué: l'œuvre fleuve officielle et pirate de Prince déboule chez tous les fans un peu câblés sans verser le moindre sous, et le bonhomme se sent un peu courroucé. Internet n'est plus une immense terre vierge à conquérir, il y a un paquet de monde qui a compris comment ça marchait et d'autres, encore plus malin, ont plus ou moins pris le pouvoir. Tout va très vite et Prince ne peut plus suivre. Et ça fait déjà depuis 1993 que Prince se sent entubé par Warner Bros. qui détient les masters de tous les albums publiés chez eux, donc Prince va pas en plus laisser des geeks lui pomper sa substantifique moelle. Donc, blocus général, différents sites (même certains sites de fans) et plateformes se font appeler Robert par les avocats de Prince, obsédé par l'idée de maitriser absolument son œuvre. Mais Internet a changé et Prince aussi. Revigoré par son succès de 2001, Prince se remet à croire en son mojo et retente une fois de plus l'aventure du marché du disque en cavalier seul, mais épaulé par Columbia pour certains aspects (promotion, distribution). Il délaisse internet en tant qu'espace d'expression libre, ouvre un magasin en ligne au contenu moyennement bien géré, et tente d'autres choses, comme distribuer gratuitement son disque aux spectateurs de ses concerts. Mais tout est devenu gratuit et instantané, et le téléchargement installe un réflexe de consommation impitoyable chez beaucoup d'internautes. Seuls les plus costauds tirent leur épingle du jeu et Prince, débordé, commence à être également largué dans ses productions. En roue libre, il livre régulièrement depuis bientôt 10 ans des disques faibles et des prestations live carrées mais peu inspirées. Désormais en retard sur Internet, essentiellement soutenu par les fidèles en dehors du territoire américain et boudé par la critique, on en est pas rendu à lui souhaiter un buzz à la Nadine Morano, tout de même, mais c'est mal mis, globalement.
A suivre...
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[...] - Première partie -
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Il faut reconnaître que c'est
Il faut reconnaître que c'est de pire en pire pour le Grand Prince... Mais à qui la faute? les ravages de la célébrité? abus des maisons de disques? piratage? Un peu des trois peut-être...