Blog de Radio Néo - Monde de la musique

Publié le mercredi 1 février 2012 par Le NéoBlog

Les mois se suivent et se ressemblent, du moins en ce qui concerne la qualité de la scène Belge !!! Bien entendu, on ne parle pas de la ravissante Laura Beyne, Miss Belgique 2012, élue en janvier dernier... Mais bien de musique !!!

Crédits Photo : Belga

Au programme de ce NEO POINT B E du mois de février 2012, du beau monde avec Half Asleep, David Bartholomé, Lady Linn and her Magnificent Seven, Great Mountain Fire, Sarah Carlier, Nicolas Kummert Voices, Malibu Stacy, Hoquets, Deus, Gotye et Badi.

Bonne écoute !

SEb Lascoux

Publié le mardi 20 décembre 2011 par Le NéoBlog

En 1990, quelques mois après la chute du mur de Berlin, Lou Reed, le mythique chanteur du Velvet Underground a eu l'occasion d'interviewer Vaclav Havel, président de la Tchécoslovaquie, un homme pour lequel il avait beaucoup d'admiration. Vaclav Havel était un homme de lettres, dramaturge et essayiste, mais aussi un homme politique atypique, "Président-Philosophe" pour lequel le pouvoir en soi n'a jamais été une ambition. Il y a 2 jours, Vaclav Havel est mort, et nous avons cru bon de vous livrer quelques extraits de cette interview dans laquelle l'homme d'état revient sur l'influence qu'ont eue le rock et la musique dans la révolution de velours.

 

[...] J'allais interviewer Vaclav Havel, le nouveau président de la Tchécoslovaquie et l'un de mes héros personnel - un homme qui comme Mandela aurait pu s'exiler. Le gouvernement voulait qu'il s'exile. Il était auteur dramatique, il avait du succès - pourquoi n'a-t-il pas quitter le pays. Ils lui ont dit - si vous déposez une gerbe sur la tombe de ce dissident, vous irez en prison. Il l'a fait, et il est allé en prison.

Et maintenant il était président de son pays. Son cabinet était composé de dissidents comme lui. Les communistes avaient été éjectés du pouvoir. [...] C'était un poète, un auteur dramatique, un grand homme.

[...] C'est le genre de personne qu'on aime d'emblée. Et d'autant plus quand il se met à parler. [...] C'est l'un des hommes les plus gentils que j'ai rencontré dans ma vie. Je lui ai demandé si je pouvais faire démarrer le magnéto.

 

[...] HAVEL : Le plus dur pour moi, depuis que je suis président, c'est que je n'ai plus le temps d'écouter de la musique. Uniquement l'hymne présidentiel... Le seul moment où je peux écouter de la musique, c'est dans ma voiture, en allant d'un endroit à un autre. Mais j'écoute ce CD dès que je peux. J'aime aussi beaucoup le rock. Il m'arrive même d'écouter de la mauvaise musique moderne, de la musique commerciale, de la pop.

Pendant vingt ans, ils n'ont passé que de la musique pop, insipide à la radio. Aujourd'hui, c'est déjà possible d'entendre de la musique qui avant ne circulait que clandestinement. Les gens s'échangeaient des cassettes. Et quiconque diffusait ces cassettes un peu trop longtemps se faisait généralement arrêter. Maintenant, tout le monde est sorti de prison, et on passe cette musique à la radio.

REED : Est-ce vrai qu'il n'y a pas si longtemps, on ne pouvait pas jouer de guitare sur le pont Charles ?

HAVEL : Oui, c'est vrai, les gens qui jouaient de la musique là-bas se faisaient parfois arrêter. En tout cas, on les gardait un moment au commissariat avant de les libérer. Mais maintenant qu'on a commencé à parler de musique, il y a une chose que j'aimerais dire. C'est que notre révolution, outre ses nombreux aspects, a une composante musicale. Ou artistique... Elle a aussi des antécédents musicaux bien particuliers.

A la fin des années soixante, il y a eu un engouement pour le rock dans ce pays... Après l'invasion russe, la plupart des groupes se sont séparés ou on fait un autre genre de musique, car le rock de qualité était réellement banni. Mais il y a eu un groupe, notamment, qui ne s'est pas dissous, ni rebaptisé, et qui n'a pas changé. Il y en a eu plusieurs, mais celui-là était le plus connu. Dans leur style de musique, ils ont été très influencés par le Velvet Underground, dont j'avais le disque. Je l'avais rapporté de New-York en 1968. C'était l'un des premiers disques...

Ce groupe a été persécuté - d'abord ils ont perdu leur statut de professionnels. Ensuite, ils ne pouvaient plus jouer que dans les soirées privées. Pendant un temps, ils ont également joué dans la grange de ma maison de vacances, où nous devions, et c'était très compliqué, organiser des concerts clandestins... Ils s'appelaient : The Plastic People of the Universe.

Grâce à eux, un mouvement de contre-culture est né dans ce pays, durant les sombres années soixante-dix et quatre-vingts. Puis ils ont été arrêtés. Avec plusieurs amis, nous avons organisé une campagne pour protester contre leur arrestation. Ç'a été assez difficile de convaincre certains messieurs très sérieux et autres prix Nobel de prendre position en faveur d'une bande de rockers chevelus. Néanmoins, nous avons réussi. A partir de là s'est formé une espèce de communauté de solidarité.

Sous la pression de notre campagne, la plupart de ces musiciens ont été libérés. Certains d'entre eux ont été condamnés, mais seulement à des peines légères. Et il nous a semblé qu'une communauté née dans de telles circonstances ne devait pas disparaitre, mais perdurer sous une forme plus stable. C'est ainsi que la charte 77 pour les droits de l'homme a vu le jour.

REED : Vraiment ?

HAVEL : Le procès des groupes de rock a été une grande affaire. Il était encore possible, a cette époque, d'entrer au tribunal et d'assister à un procès de ce genre. A l'intérieur, il y avait un monde fou. On pouvait très bien voir un professeur d'université en train de discuter amicalement avec un ancien membre du présidium du parti communiste et avec un rocker à cheveux longs, tous trois entourés de policiers.

[...] Tout d'abord, je tiens à mentionner que, comme souvent dans les groupes de rock, les Plastic People of the Universe ont subi des bouleversements, changé de nom, certains des membres sont partis, mais l'âme de ce groupe existe toujours. Il s'appelle à présent Midnight - Unots. C'était Pâques, il n'y a pas longtemps. J'allais dans ma maison, j'avais allumé la radio dans la voiture et j'ai entendu la musique de la Pâque juive, joué par ce groupe et enregistré dans ma maison [...] enregistré environ treize ans plus tôt... Le disque n'était jamais sorti. Ils s'étaient enfermés deux jours dans ma maison et avaient enregistré cette chose. Clandestinement. Ç'a été une expérience très étrange que d'entendre brusquement cette musique à la radio tchèque.

[...] L’esprit des années soixante, la rébellion contre le pouvoir installé, a eu un impact très net sur l'évolution spirituelle de ma génération et celle des gens plus jeunes. Et curieusement, cet esprit s'est transcendé dans le présent. Mais la différence entre notre révolution et cette rébellion d'il y a 20 ans, c'est que nous avons franchi une étape de plus. Aussi minime et insignifiant ce progrès soit-il, nous avons cependant eu conscience d'une chose : on ne peut pas se contenter de détruire, encore faut-il reconstruire, et d'une autre manière. Beaucoup de gens ont pris des responsabilités d'ordre politique. Michael Kotap, par exemple, sans doute le rocker le plus célèbre en Tchécoslovaquie, est aujourd'hui l'un des députés les plus efficaces de notre parlement fédéral. Il n'a pas trop le temps de composer de la musique. C'est un sacrifice qu'il a fait à la société.

REED : A l'évidence, vous pensez et prouvez que la musique peut changer le monde.

HAVEL : Pas la musique en soi, elle n'est pas suffisante en elle-même. Mais elle peut contribuer à cela de façon significative, en participant à l'éveil de la conscience humaine.

 

[...] Il ne se passe pas un jour sans que je pense à Vaclav Havel et à la réponse qu'il m'a faite à la question que j'ai eu le plus envie de lui poser - "Pourquoi êtes-vous resté ? Pourquoi n'avez-vous pas quitté le pays ? Comment pouviez-vous supporter une telle injustice ?" Et il m'a dit :

"Je suis resté parce que je vis ici. J'essayais seulement d'avoir l'attitude juste. Je n'avais pas prévu qu'il arriverait toutes ces choses, mais je n'ai jamais douté que nous réussirions. Avoir l'attitude juste, telle a toujours été mon intention".

 

Le texte intégral de cette interview est à retrouver dans le livre "Parole de la nuit sauvage" de Lou Reed, aux éditions 10-18.

 

Publié le vendredi 2 décembre 2011 par Le NéoBlog

Aujourd’hui, nous nous demanderons où va l’argent de la musique ? Dans l'imaginaire populaire, des centaines de millions de dollars échouent dans les poches des producteurs et y restent. Selon une étude de l’IFPI, 5 milliards de dollars sont dépensés chaque année par les labels pour découvrir, produire et promouvoir des artistes.

Cela représente près d'un tiers des recettes mondiales de l'industrie du disque en 2009, c’est à dire que les labels dépensent 30 % de leurs recettes en production et promotion.

Plus de 4 000 artistes signés par les majors ainsi que «des dizaines de milliers d'autres» signés sur les labels indépendants profitent de ce budget. Mais ces dépenses souffrent de la crise du disque.

En France, l'industrie a néanmoins rendu plus de contrats en 2009 qu'elle n'en a signé : 70 nouveaux artistes ont été signés, quand 88 contrats ont été rendus. En parallèle, les dépenses marketing ont reculé de 18 % à 72 millions d'euros. Impossible pourtant de rogner sur ces dépenses, quand Internet fait exploser le nombre d'artistes exposés.

L'IFPI a recensé 2,5 millions d'artistes hip-hop sur le site communautaire MySpace, 1,8 million Dans le rock, 700 000 dans la pop et des dizaines de milliers d'autres ailleurs.. Or, si Internet peut aider à se faire connaître, la Toile ne permet pas de faire des vedettes…

Alors justement ces investissements, ils sont pour qui ? 70 nouveaux artistes signés et Gerard Lenorman ou Johnny qui trustent les têtes des charts. Investit on encore sur les nouveau talent ou se contente t’on d’abord du lucratif existant ?

Intervenants :

Romain, artiste connu sous le nom de Kronem, déjà chez nous la semaine dernière, fan furieux de Pearl Jam et de fugazi (groupe pleinement do it yourself en passant). Son projet est un projet solo essentiellement saturé sans machine ni boite à rythme. http://kronem.net/ - Son choix de la semaine : Klink Clock - Rhythm

Jean Michel Canitrot, successivement attaché de presse, puis directeur de services promotion au sein des majors du disques, vous avez crée CANITROT & Co, agence de relations presse et il a défendu des artistes comme U2, Michaël Jackson ou Nirvana mais aussi contribué au développement d’artistes Noa, Craig David, Etienne Daho, Les Rita Mitsouko, I Muvrini - Son choix de la semaine : Corson – We’ll Come Again

Michel De Souza, il a été Fondateur de KO Records, Directeur Marketing (Barclay), Directeur Général Adjoint (Mercury), Directeur Marketing/Commercial (Universal), Directeur Général (Warner et EMI). Depuis 2006, MDS Conseils, sa structure intervient auprès des PME de l’industrie musicale et conseille ces dernières dans les domaines du marketing opérationnel et de la stratégie. - Son choix de la semaine : Dick Rivers – Bloody Movie

Titres diffusés pendant l’émission :

 

Publié le vendredi 4 novembre 2011 par Le NéoBlog

Alors cette semaine, on va se parler des artistes. Pour une fois vous me direz. Nan mais c’est vrai, de quoi il se mêle l’artiste ? Pourquoi il devrait donner son avis. Il y a quelques mois, on me racontait avoir surpris une conversation entre 2 salariés de majors, vilipendant mon travail, et mon site, sur l’air de « mais tu te rends compte, filer des infos comme ça, sur un site public. Après ils vont croire qu’ils peuvent se débrouiller seuls »…

Et en face, des artistes, de plus en plus, me disent leur bonheur de pouvoir enfin parler marketing, stratégie, et réfléchir sur la diffusion de leur œuvre, sans qu’on les réduise à de « simples » artistes commerciaux. Alors c’est quoi être un artiste en 2011 ?

Et c’est quoi réussir comme artiste, pour l’artiste ? c’est des putes, de la coke et de l’argent, image communément diffuser par les majors ? Un contrat dans un label ? Réussir à vivre de sa musique ?

  • Intervenants :

Kronem (Romain) : Romain, 30 ans, fan furieux de Pearl Jam et de Fugazi. Il s’évertue avec une facilité déconcertante à être à côté de la plaque. Musicalement déjà, sous le pseudo de .kronem. dans un projet solo essentiellement saturé sans machine ni boite à rythme. Il n’aime pas les « tenues de scène » ce qui est déjà un pas dans le débat. http://kronem.net/ | Son choix de la semaine : OK – A New Morning Charly & Sa Drôle de Dame

Charly – leader unilatéral et totalitaire d’une formation de Folk Percussive – accompagné de ses fidèles sous-fifres: Gertrude – vieille dame à cordes de 1890– et Mr Cigar Box – boîte à cigare compulsive. Ensemble, ils forment le mono-trio "Charly & Sa Drôle De Dame".  http://www.charlyetsadrolededame.com/ | Son choix de la semaine : Batlik – J’avance

Michel Donval, vous êtes juriste, guitariste et pleins de truc en iste, vous vous êtes spécialisé en droit de la propriété littéraire et artistique, pour concilier votre passion du Rockn’roll avec vos études.| Son choix de la semaine : Dropkick Murphys – Going Out In Style

  • Titres diffusés pendant l’émission :

Jonaz – V(end)u à la Télé

Kiemsa – Mass Media

Pour écouter ou ré-écouter les autres émissions, cliquez ici

Publié le lundi 3 octobre 2011 par Le NéoBlog

Cette semaine, on va parler du « sample », est ce une opportunité ou du parasitisme ?

Tout d’abord, qu’est ce qu’un sample ? D’après Wikipédia, un sample est un extrait de musique ou un son réutilisé dans une nouvelle composition musicale, souvent joué en boucle.

L'extrait original peut être une note, un motif musical ou sonore quelconque. Il peut être original ou réutilisé en dehors de son contexte d'origine.

Le sample existe depuis les années 40 mais la véritable percée date des années 70 avec le groupe The Sugarhill Gang qui a repris des extraits de Good Times de Chic comme base de leur Rapper's Delight qui devint le premier 45 tours de hip-hop à rencontrer un succès commercial.

C'était également le premier à faire face à des difficultés légales, car Bernard Edwards et Nile Rodgers, les compositeurs des Good Times, n'ont pas été crédités sur le disque.

L’exemple le plus parlant est le sample des Rolling Stones par The Verve dans leur titre Bitter Sweet Symphony à la fin des années 90. The Verve a été forcé de payer 100 % des redevances de Bitter Sweet Symphony pour l'usage non autorisé d'un sample provenant d'une reprise du morceau The Last Time des Rolling Stones dans une version orchestrale.

  • Intervenants :

Antony Keyeux, musicien sous le pseudonyme Hypo depuis 1995. Vous sortez des disques de musique en grande partie électronique depuis 2000, et votre musique est sous CC, ce qui a son importance dans notre débat. http://www.hypomusic.net/ | Son choix de la semaine : Maria Minerva – Honey Honey

Michel Donval, vous êtes juriste, guitariste et pleins de truc en iste, vous vous êtes spécialisé en droit de la propriété littéraire et artistique, pour concilier votre passion du Rockn’roll avec vos études. | Son choix de la semaine : Monnette Sudler - Days In Days Out

Et Julien Philippe, responsable de la gestion des droits chez Believe Digital, vous gèrez au quotidien les problématiques juridiques associées au catalogue Believe ainsi que tout ce qui touche au droits d'auteurs et au droits voisins. http://www.believe.fr/ | Son choix de la semaine : Joko – Zambeu

  • Titre diffusé pendant l’émission : Odezenne - Saxophone

 

L'émission On Refait La Musique #1 Peux t-on vraiment découvrir la musique grâce à Internet ? A écouter ici

Publié le mardi 27 septembre 2011 par Le NéoBlog

Ami artiste, tu le sais, tu n’es pas le seul à faire de la musique. Vous êtes déjà beaucoup sur ce terrain. Et bien peu toucheront les oreilles d’un public. Donc, ici, chez Radio Néo, on va tenter de vous éclairer un peu sur cette industrie dans laquelle vous vous lancez. Oui, car la musique, ce n’est pas que du bonheur, c’est aussi une industrie. 

Tu veux que ta musique touche des oreilles. D’accord. Mais t’es tu demandé, avant, comment faire ?  T’es tu demandé « pourquoi » d’ailleurs avant « comment ? »

Bob Dylan disait « It is not a song, it is a movement »…..

Tu ne vends pas un produit, mais une perception….tu ne le vends pas à un public, mais à une tribu. Tu ne te parles pas à toi même, comme dans un monologue mais tu t’adresses à différentes personnes. Tu dialogues  avec ton public.

Ton identité par exemple, pas ton nom et ton prénom, mais ce que ton public comprendra comme ce que tu es et comme ce que tu fais, doit être clair et compréhensible.

Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur ta présence en ligne, ta présence sur les internets. Les semaines suivantes nous les déclinerons plus en détail.

Tout d’abord, on croit qu’internet est une espèce vivante, douée de raison et de choix. Sauf que non. Internet est un ensemble de 0 et 1, de bits et de codes. Internet est un miasme sans forme et sans raison. Ce n’est pas Internet qui te domine, c’est à toi d’apprendre à le mater .

Quand tu démarres ami artiste, tu démarres de 0. Tout le monde a démarré de zéro, même radiohead. Ne nous voilons pas la face, ça va être long et ça va demander beaucoup de travail. Ce n’est pas parce que tu débarques sur internet que ça va marcher. Et non. Tu vas pouvoir toucher plus d’oreilles, quelquefois plus rapidement, mais souvent non.

Néanmoins, Internet t’ouvre des fenêtres fantastiques. Auparavant, tu devais te contenter des rayons CD autoproduits de la FNAC. Maintenant non, tu as Internet. C’est surtout comme cela que tu dois le concevoir.

Alors de quoi as tu besoin sur Internet pour démarrer. Et bien d’un Facebook et d’un Youtube. C’est le duo infernal. Tu n’aimes pas FB à titre perso ? Tu as le droit, personne n’aime FB. Mais d’un point de vue pro, il faut l’utiliser.

Tu dois également utiliser Youtube car c’est de l’image. 82% des 13-18 ans se connectent plus sur Youtube qu’ils ne regardent la tv.

Un site ? oui, lorsque tu as vraiment des choses à dire et à publier. Avant non.

Rappelle toi une porte une porte ouverte ami artiste. On n’a jamais une 2eme chance de faire une 1ere impression. Allez une autre porte ouverte. Personne n’achètera ta musique si on ne sait pas que tu existes. Alors Internet c’est bien. Mais tu dois aussi le voir comme un espace pro.

Balancer des infos pas finies, pas jolies, trop vite. Ça ne t’aidera pas. Ce qui compte, c’est la qualité de ce que tu balances. Pas le nombre.

Publié le vendredi 23 septembre 2011 par Le NéoBlog

Attention, je suis un peu aigri. Je n’ai pas été intégré dans le plan business marketing autour de la ré-édition supra deluxe remasterisée de Nevermind, pour les 20 ans de la sortie de « l'album rock de référence ». Dégouté…

C'est pas parce que tu es paranoïaque qu'ils n'en ont pas après toi

Oui FM – RTL 2 – Le Mouv’ – Les Inrocks – Rock’N Folk – Guitar Part – Rock One – Vox Pop – Canal + - Google - Dailymotion ! Wouhou ! Édition Deluxe de l’album ! 6 versions ! Grand jeu concours Dailymotion ! Remporte le matériel complet du groupe et la chance de jouer sur la scène du Grand Rex ! Fais-le !

Canal + : 55 spot de 20’’ ; RTL 2 : 31 spots de 30’’, 2 semaines de campagnes à partir du 26/09 ! OUI FM : 155 spots de 20’’, 3 semaines de campagnes à partir du 19/09 ! Ballon géant + distribution de stickers ! Campagne de flyers autour des collèges / lycées à partir de début septembre ! Et bien d’autres animations pour les yeux émerveillés des kids ! C'est chouette !

L'hypocampe mâle porte les enfants

Bon, c'est vrai que Kurt Cobain, ça reste « un business très juteux », grâce auquel des entreprises réalisent « des profits confortables », pour parler comme dans Capital. On l'a vu chanter des chansons des Guns N Roses dans Guitar Hero. On l'a vu sur des T-shirt, en poster, en agenda, en sac à dos, en briquet, en figurine, en coussin, en porte-clés.

On a publié son journal intime, dont la première phrase est « NE LIS PAS MON JOURNAL QUAND JE SERAI PARTI ». Bref, il n’a pas fini de rapporter des thunes, le Kurt !

Ça fait bien longtemps qu'on piétine sa mémoire de toute façon, comme celles de milliers d'autres avant lui, dans l'unique but de vendre un peu de rêve à une génération déjà détruite par le manque d'espoir... Vous récolterez ce que vous avez semé. lol.

C’est drôle de perdre et de faire semblant

Franchement, personne ne se rend compte qu’il y a un décalage assez flagrant entre la promotion qui est faite autour de la ré-édition de Nevermind et l’état d’esprit que cherchait à défendre le groupe ? Ou tout le monde s’en fout, du moment que ça rapporte ? On dirait des T-shirt Che Guevara vendus en série.

On sacrifie Kurt Cobain comme une jeune vierge dans la Grèce antique, pour que les récoltes poussent mieux, pour que le soleil revienne et que les truies fassent des portées de porcs… Après tout, pourquoi pas ? Quelle importance ? Notre petit groupe a toujours existé, et il existera toujours.

In Utero est mieux que Nevermind.

Emmanuel Denise

Publié le jeudi 22 septembre 2011 par Le NéoBlog

Ami artiste, ce monde de la musique n’est pas facile. Et d’ailleurs, c’est quoi être un artiste en 2011? C’est quoi une maison de disques en 2011 ? Comment un artiste peut décemment penser pouvoir vivre de sa musique aujourd’hui….Oui, comment ?

Tu es perdu et tu n’es pas le seul. L’utilisation du web, des réseaux sociaux, des mobiles ne s’arrêtent plus.

Il y a 750 millions d’utilisateurs actifs sur Facebook , 50 millions de tweets par jour 133 millions de blogs, 10 millions d’artistes sur MySpace, 650 000 en France….

Youtube, Facebook, BitTorrent ont tout changé. Mais ami artiste, tu as tout à y gagner. La vraie question à te poser n’est pas « pourquoi ces technologies détruisent elles la musique ? » mais « comment les utiliser pour m’aider à produire ma musique, la mettre en avant, et la vendre ».

Mais ami artiste, avant de te lancer, tu dois comprendre ce que tu fais, et pour qui tu le fais. Tu dois penser…marketing. Oui, je te vois là tressauter, tiquer devenir tout rouge. Oui, dans cette chronique, nous allons parler marketing, nous allons parler business.

Nous vivons dans un monde dans lequel nous pensons que la musique arrive magiquement aux oreilles de public. Que magiquement le public va l’écouter, puis va magiquement l’acheter avec des euros magiques. Ou ne vas pas l’acheter car l’artiste ne mange magiquement rien.

Nous sommes bien, nous sommes heureux, nous sommes dans un monde de bisoukeurs et de licornes roses.

Sauf que non. Il n’y a pas de magie. Le public est submergé de contenus tout le temps partout, les artistes arrivent et passent, et si tu n’arrives pas à retenir l’attention, tu passeras aussi.

Alors c’est quoi le marketing pour un artiste ? Ce n’est pas QUE la star’ac. C’est surtout présenter le mieux ton œuvre, aux bonnes personnes, dans de bonnes conditions…

Un choix de titre, c’est du marketing. Un choix de pochette, c’est du marketing, un choix de tshirt, c’est du marketing. Un choix de Facebook, c’est du marketing. Il y a ton œuvre artistique, et il y a la diffusion de ton œuvre.

Le marketing est là pour soutenir au mieux, avec les meilleurs outils cette œuvre. Alors maintenant, passons aux choses sérieuses : qu’allez vous apprendre avec cette chronique ?

Tout d’abord, que Non, le marketing, ce n’est pas sale. Et puis que ce n’est pas parce que quelqu’un t’écoute, t’aime et se dit passionné de musique qu’il peut devenir ton manager. Etre manager, c’est un métier, un vrai.

Que la musique, c’est une passion, un sacerdoce, une vie mais c’est aussi une industrie, avec des intervenants, partout et dans les sens.

Et que si tu ne connais pas ces intervenants, tu es mal barré. Et puis aussi ami Artiste, nous te dirons que tu as des droits, et que ton premier droit c’est de l’ouvrir et de poser des questions. On sera là pour ça.

Notre discours sera clair, nous savons que l'éducation artistique est la clé que plus tu seras éduqué sur ton milieu professionnel, mieux tu évolueras et meilleures décisions tu prendras. Et c'est toute la chaine artistique, artistes, producteurs, managers, maisons de disques, distributeurs qui s'en trouvera valorisée.

Alors ami artiste, ça va pas être facile, tu vas prendre cher, mais c’est pour ton bien.

Publié le mercredi 14 septembre 2011 par Le NéoBlog

C’est l’histoire d’une chanson que tout le monde connaît. Les connaisseurs et mélomanes savent qu'elle appartient à Léonard Cohen...Pour d'autres, plus jeunes, c'est Jeff Buckley qui en est l'auteur, et pour les totales incultes c'est "la B-O de Shrek"...On parle bien entendu du cultissime : Hallelujah. Bien évidement, on ne peut pas parler d'un tube, ce n'est pas une chanson qui se classera numéro 1 des charts, mais pourtant elle a marqué les esprits sur des générations entières de chanteurs, des fans de musiques. Musique typique à faire pleurer dans les chaumières, on oublie  pourtant souvent d'où elle sort, ses paroles, et son sens caché...

Une chanson en 80 couplets...

La version reprise par Jeff Buckley n’est pas calquée sur l'originale. Elle s’appuie sur une relecture de John Cale. Ce dernier, grand fan de Léonard Cohen avait enregistré un album hommage intitulé "I am Your Fan", dans lequel il reprenait à sa sauce les titres du chanteur, parmi lesquelles figuraient : Hallelujah. Il avait expressément demandé au père Cohen une copie du texte de la chanson… L’ex-Velvet Underground a été surpris de recevoir 15 pages de paroles par fax ! Il a ensuite choisi les passages qu’il préférait. Léonard Cohen a en effet écrit 80 couplets différents, et il changeait assez souvent les paroles lors de ses concerts, si bien qu'il était rare d'avoir deux fois la même version d'Hallelujah.

 

Sexe et religion...

« And remember when I moved in you
The holy dove was moving too
And every breath we drew was Hallelujah »

Léonard Cohen est un poète. Son songwriting hors-pair lui a permis de faire en sorte que les mots soient tellement bien tournés qu’il est difficile de savoir de quoi parlent réellement le texte. Une histoire d'amour passionnelle ? Un hommage religieux ? C'est un peu plus complexe en réalité. En cherchant bien, on se rend compte effectivement que Hallelujah n'est pas un chant religieux et qu'il mêle deux sujets tabous. En fait, le père folkeux s’est servi d’un passage de l’Ancien Testament pour écrire sa chanson, précisément lorsque David et Bath-Cheva donne naissance à leur enfant. Le hic ? cette dernière était mariée…En guise de punition divine, l’enfant meurt peu après sa naissance…En sachant choisir ses mots avec minutie, Léonard Cohen réussit l'exploit d'écrire une chanson sur l'acte sexuel (pourtant dans une Amérique très puritaine), sans jamais se faire censurer. Pour Jeff Buckley, qui avait bien compris le sens de la chanson c'était une sorte d'ode à l'orgasme...

Du Gospel originel au rock mélancolique

Pour une chanson reprise plus de 200 fois, il est dur de se souvenir qu'elle avait une première version cette chanson. Soyez curieux, et allez jeter une oreille à la chanson de Léonard Cohen. On est bien loin de la lecture folk de Damien Rice, rock mélancolique de Buckley ou Cale, ou lyrique de Rufus Wainright. Pour l'auteur originel, c'est le gospel'n'blues qui prévaut. Nous sommes en plein durant les années 60 lorsque Hallelujah est composée. A cette époque ce courant musical avait la main mise sur la musique. Moins déchirante que les reprises de Buckley ou Wainright, la version première peut en revanche se targuer de revêtir une aura sensuelle inégalable. Sans doute le grain de voix grave de Cohen en est pour quelque chose.

Chaque chanteur s'étant attaqué à ce titre a apporté un petit plus à la chanson. Pour Jeff Buckley s'est sans doute la performance vocale qui a marqué les esprits, et son interprétation. Saviez-vous que Hallelujah n'était pas prévu au tracklisting de Grace, l'unique album que le chanteur a publié de son vivant ? Pour la petite histoire, Jeff jouait tous les lundis au bar Sin-é à New York. La reprise était tout simplement l’une des chansons les mieux accueillis du set, par le public venant en masse dans le petit club. Le succès était tel qu’il décide de l’enregistrer et de l’inclure dans l'album. Mais, il n’en a jamais été satisfait, la trouvant beaucoup trop rapide à son goût. Aujourd'hui pourtant, c'est le titre le plus connu de sa discographie, et c'est l'un des rares cas dans lequel une reprise surclasse l'originale.

 

Sabine Bouchoul, à retrouver aussi sur le blog Rock N' Fool, un blog musical !

Publié le vendredi 9 septembre 2011 par Le NéoBlog

 

 

« Hommage à l'art pompier... »

Pas la peine de revenir sur Victor Hugo, Ronsard ou Rimbaud pour comprendre que l'artiste - à plus forte raison le poète - est un visionnaire, en communication directe avec les étoiles, pendant que vous, pauvres mortels, vous retro-pédalez dans la semoule de vos vies merdiques, avec la réalité pour seul horizon.

Hormis un destin peu banal et malheureusement tragique, on peut dire que Bertrand Cantat aura au moins marqué la fin du XXème siècle grâce à des textes qui donnent souvent l'impression de lui échapper complètement, comme si quelqu'un d'autre s'exprimait à travers ses mots.

Qui aura soufflé ce texte cruel destiné à sortir dans les bacs le 11 septembre 2001 ? « Ça y est, le grand incendie Y'a l'feu partout, emergency, Babylone, Paris s'écroulent, New-York City, Iroquois qui déboulent, Maintenant... Allez London, Delhi, Dallas dans l'show Hommage à l'art pompier T'entends les sirènes, elles... Sortent la grande échelle, Vas-y... Go! ».

 

"Quelques bouquets de nerfs..."

 

L'album choisit bien ses collaborations, entre Manu Chao, Brigitte Fontaine et Léo Férré, c'est le 20ème siècle musical français qui s'invite à la fête. Une fête qui ressemble plus à une after party lounge, pleine de compositions apaisées et lyrique. Pour peu, on se croirait en plein Radiohead.

Mais Noir Désir reste un groupe de rock malgré tout, les guitares et les cris gutturaux ne sont heureusement pas en reste, même si on sent le besoin de trouver une autre voie... Une autre voix ? Et ce qui s'annonçait comme un nouveau départ assagi marquera finalement le point final d'une aventure musicale audacieuse rattrapée par une colère impossible à contenir.

Rarement le rock français n'aura été aussi brut que chez Noir Désir. Ecorché vif, rageur, rêveur, plaintif, juvénile, plein d'espoir et de désespoir, bref, du rock. Pas d'histoire d'amour à la "je l'aime, il m'aime et il m'a conté fleurette dans les pâquerettes" pour reprendre les mots de Casey. Pas étonnant si la rappeuse à la plume aiguisée comme un rasoir trouve son bonheur musical auprès de Serge Teyssot-Gay...

 

« Nous travaillons actuellement pour l'Europe... Voir pour le monde... »

2 mondes sont morts le 11 septembre 2001... L'unipolarisme post-chute-du-mur-de-berlin et une certaine idée du rock français. 10 ans après la sortie de "Des visages, des figures", où est-il, le rock de gauche pro-commandant Marcos, les Zebda et la culture alternative squatteuse de la Mano Negra ? Il persiste dans les mémoires et ressort à chaque manif', mais il faut bien l'admettre : le coeur n'y est plus... Et en plus, Avril Lavigne chante à la fête de l'humanité...

Fin de siècle ? Tu m'étonnes... La gueule de bois de Noir Désir n'égalera jamais la notre, celle d'un lendemain de fête s'achevant sur un suicide. Où trouver les prétendants légitimes du nouveau rock français ? A quoi bon chercher... On aurait plutôt envie de tout oublier, tout démolir, partir sur de nouvelles bases.

Et c'est ce que nous faisons !

Ô Luxuriance, ô Broadway, ô Byzance !

 

Emmanuel Denise