Radyo Siwèl

Radyo Siwèl

17 février 2017

Par Geoffrey Serguier. 

Originaire d’Haïti, née à Montréal, ayant grandi à Ottawa et vivant à Paris, Melissa Laveaux pourrait simplement s’inspirer de sa propre vie pour interpréter la musique qu’elle compose aujourd’hui.

Pourtant elle ne s’arrête pas là. Elle s’est nourrit dès ses débuts d’influences plurielles allant de Joni Mitchell à Billie Holiday, sans oublier Nina Simone ou le rock indé du groupe Arcade Fire.

Mélissa revient avec un nouveau projet que l’on pourra retrouver dès le mois de mars sur scène : Radyo Siwèl.

Elle se tourne à travers cet album en préparation vers un répertoire haïtien plus traditionnel, et revisite des chansons populaires à sa manière, avec un teint de voix unique, qu’elle utilise aussi bien pour chanter que pour nous raconter l’histoire de ces morceaux qui ont voyagé avec elle depuis son enfance. Car c’est bien l’idée de transmission qui anime aujourd’hui cette artiste et qui lui a donné la volonté de proposer ce voyage musical. D’abord une transmission culturelle qu’elle a reçu par sa famille, par sa grand-mère, qui était pour elle pendant des années le seul lien avec ses racines haïtiennes, et maintenant celle qu’elle porte à nos oreilles, d’où cette notion de « radio », qui nous plonge dans une époque ou Haïti était sous occupation Américaine, entre 1915 et 1936, et durant laquelle les artistes ont exprimé leur indignation par la musique, comme un symbole de résistance et de ralliement autour de ce qui faisait leur identité.

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Jouée avec des instruments d’aujourd’hui, avec des arrangements modernes, Mélissa nous fait ressentir le chemin que cette musique a pu parcourir en elle et à quel point ces mélodies, pour certaines centenaires, restent même très loin du contexte dans lequel elles furent créées, résolument modernes.

Pour Radio Néo, dans le cadre de l'émission Anthroposcènes, consacrée à la musique haïtienne, Mélissa Laveaux nous a interprété quelques titres que l'on retrouvera sur Radyo Siwèl, à découvrir ci-dessous.

Crédits photos : Emma Picq