Sage

Sage

« J’aime aller vers ce que je ne maîtrise pas ». Ambroise Willaume se connaît bien. Par ces mots, il résume ce qui semble être le moteur de sa carrière de musicien depuis des années : la recherche de l’inédit, le refus de la répétition. Il y a neuf ans, il créait Revolver et découvrait, après des années à avoir chanté dans des choeurs classiques, l’univers de la pop. Le groupe est aujourd’hui en pause, après deux disques d’or et des centaines de concerts en France et à l’étranger.

Désormais seul au piano et aux machines, il développe alors sous le nom de SAGE – comme Sagittaire, un tout nouveau répertoire à la dimension supérieure, aux arrangements inattendus et opérant un grand écart détonnant entre numérique et classique et sort un premier EP fin 2014. La production est assurée par Ambroise lui-même accompagné de Benjamin Lebeau, moitié de The Shoes, qu’il rencontre en collaborant sur l’album de Woodkid. Les deux garçons voient dans la perspective de travailler ensemble l’occasion de se confronter à un univers radicalement diérent, d’apprendre autant que de désapprendre. Si les morceaux de SAGE ont le charme immédiat des chansons pop, le duo leur a donné une dimension supérieure, entre le songwriting traditionnel et une production futuriste. Un nouveau défi dans la carrière déjà hors-normes du musicien.

En 2015, Ambroise retourne en studio aux côtés de Benjamin Lebeau à la co-production. «Nous avions la volonté de créer un son nouveau, une musique contrastée à l’extrême mais sans jamais que la production ne prenne le dessus sur la composition. » Après plusieurs mois à huis-clos, le premier album éponyme de SAGE est prêt : 10 titres sophistiqués, marqués par la rencontre de sonorités alternatives et de mélodies élégantes.L’album s’ouvre avec One Last Star, chanson la plus intense du disque qui s’articule entre une batterie entêtante et des échappées vocales hors-normes. Un peu plus tard, l’hypnotique Only Children se dépose comme une balade moderne faite de sonorités profondes et déconstruites à la fois, puis arrive August In Paris, dont la rythmique magnifie la sensation estivale d’être un étranger dans sa propre ville. Time Never Lies annonce ensuite la douceur de la deuxième partie de l’album, plus intime à l’instar de l’Interlude, que SAGE enregistre seul sur son petit piano droit. Seule la complexité de Focus résonne un peu plus fort avant la légèreté finale d’Eyes Closed.