Jeanne Cherhal

Jeanne Cherhal

Jeanne Cherhal voit le jour le 28 février 1978 à Erbray, en Normandie. Sa scolarité s'oriente vers les études littéraires et la jeune femme, influencée par la chanson française classique, de Georges Moustaki à Georges Brassens, finit par échouer en fac de philosophie où, entre deux cours magistraux en amphi à l'Université de Nantes, elle compose, répète, crée et affine un répertoire très orienté « chanson française réaliste ». Elle goûte par ailleurs au théâtre universitaire et associatif. Cette double expérience de la scène mène ses pas à Paris, où elle commence, une fois ses diplômes en poche, à arpenter les clubs, cabarets, ateliers d'artistes et autres endroits bohêmes des deux rives. Seule au piano, ou en compagnie de son guitariste, elle se produit dans de petites salles, commence à se faire connaître et draine un public d'amateurs de chansons à textes que sa petite voix, ses longues couettes tressées et ses airs de grande nunuche à peine sortie de l'adolescence séduisent. Si une petite audience commence à se créer autour d'elle, les maisons de disques, elles, restent sceptiques devant les performances de Cherhal et seule Madame Suzie, une petite structure de faible envergure accepte de signer son premier disque en 2001, après qu'elle fut primée par le concours du tremplin des Vieilles Charrues l'année précédente. Qu'importe si l'album six-titres, sobrement intitulé Jeanne Cherhal passe relativement inaperçu aux yeux du grand public, la presse spécialisée, des Inrockuptibles à Radio Nova, en passant par Zurban, elle, a repéré la petite dame et commence à parler d'elle en des termes d'autant plus élogieux que l'époque est à cette mode de la chanson française à textes, portée tant par des groupes comme les Têtes Raides que par des solistes comme Vincent Delerm. Cherhal est dans l'air du temps, et le label tôt Ou tard, spécialisé dans le genre (il a déjà édité Fabulous Trobadours, Mathieu Boogaerts, Dick Annegarn ou Thomas Fersen) décide la signer en 2002. Ce nouvel album enregistré en public et appelé - avec une originalité qui frise l'inspiration divine - Jeanne Cherhal, qui bénéficie des réseaux de publicité et de distribution de l'ancien éditeur de Jacques Higelin et des Têtes Raides, permet à la petite rouquine de percer dans le milieu de la chanson à textes. Si elle reste globalement dans le registre « bobo rive gauche » et néo-réaliste, elle n'en joue pas moins avec les codes du genre et certaines de ses compositions comme « Le Petit voisin » sont truffées de clins d'oeil et de coups d'épingles mignonnets à l'attention des amateurs du genre. Popularisée par la sortie de son premier album, Jeanne Cherhal est contactée par plusieurs chanteurs évoluant dans le domaine de la composition à texte pour faire les premières parties de leurs concerts : Thomas Fersen, Georges Moustaki ou encore Jacques Higelin confient à Jeanne le soin de chauffer leur public avant leur entrée en scène. Autant d'expériences qui contribuent à élargir l'audience de la chanteuse et compositrice qui désormais se produit en duo avec Vincent Delerm, chante avec Aldebert ou se produit en compagnie de Mathieu Bouchet. Donnant une touche humoristique au jeu de scène de ses compères chanteurs, Jeanne Cherhal (dont les prestations rappellent un peu la fantaisie de la comédienne Sophie Forte) participe à l'album pour enfants Le Chat Musicien et signe en 2004 son deuxième album, Douze Fois Par An qui reçoit le grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros pour la qualité de ses textes. Désormais installée, la petite rousse pousse la chansonnette en compagnie de Jacques Higelin, Jean-Philippe « Jipé » Nataf, les Têtes Raides ou Franck Monnet. Figure de la nouvelle culture parisienne, elle reprend un temps son activité de comédienne en 2005 pour les besoins de la pièce Les Monologues du vagin d'Eve Ensler où elle succède à des comédiennes comme Firmine Richard, Marie-France Barrault, Fanny Cottençon ou Micheline Dax dans l'interprétation de l'une de ces femmes libérées parlant sans tabous de leur sexualité. La même année, elle est consacrée « Révélation de l'année » aux Victoires de la musique et compose, aux côtés de Sinclair, la bande originale du film Ma Vie est en l'air, de Rémy Bezançon. Figure désormais majeure de la nouvelle scène de la chanson française, Jeanne Cherhal est de toutes les initiatives du genre : présente sur des albums à vocation caritative (20 ans Tchernobyl ; sollicitée par Louis Chédid pour la comédie musicale Le Soldat rose), active sur des compilations rétrospectives telle Claude François, Autrement Dit où elle interprète « Une petite larme m'a trahie », la petite Nantaise a fait du chemin depuis ses débuts dans les cabarets parisiens devant des salles aux trois quarts vides. L'Eau, son quatrième album, réalisé par Albin de la Simone, sort en 2006 en parfaite conformité avec l'univers musical doux et sucré de cette chanteuse et compositrice, figure de proue de la scène pop française. Après des collaborations d'auteur sur les albums d'Emily Loizeau et d'Amandine Bourgeois, puis une apparition sur le « Brandt rhapsodie » de Benjamin Biolay, Jeanne Cherhal fait son retour en mars 2010 avec l'album Charade. Composé de onze chansons reliées par un fil conducteur sous forme de quatre énigmes, ce disque ludique dévoile de nouvelles facettes de la chanteuse, désormais seule à l'oeuvre sur tous les instruments. Elle donne ensuite vie à ces chansons sur scène avec La Secte Humaine (ex-Little Rabbits). Après quelques prestations avec les Françoises consacrées à l'album Amoureuse de Véronique Sanson, la chanteuse s'insipire de ce répertoire pour nourir son cinquième album Histoire de J de variations sentimentales jouées au piano et avec son groupe de rock. Le premier extrait, « L'Echappé », précède sa parution en mars 2014.