Rhume

Rhume

Pas loin de sept longues années d’incubation entre Dax, Bordeaux et Tulle. Puis un diagnostic qui tombe. Il est sans appel : nous ne sommes pas près de nous débarrasser de cette saloperie de Rhume. Laurent et Maxime se le traînent bien depuis 2005. Et reprennent, peu ou prou, les choses là où Le Pingouin bordelais (Mr Crane, Père Dodudaboum et Petit Fantôme), les avait abandonnés avant la fonte des glaces. Ici pas de rock - pas de rap non plus d’ailleurs. « Rhume » se contente de parler, encore et encore. Jusqu’à se noyer dans une logorrhée délirante et inédite. La fièvre, probablement... Les infections sont pourtant connues. Elles se nomment Arnaud Michniak (à travers Diabologum, puis Programme), ou encore Nonstop - son un « tout petit peu moins austère » alter-ego toulousain. A la fois critique sociale et absurdité totale, Rhume fait du pédalo entre un post-rock plutôt lâche et une electro pour le moins abstraite. Il dérive de la poésie "art brut" d’un Manuel J. Grotesque jusqu’à la hargne sèche d’un Jean-louis Costes, en passant par la pop bizarre des zozos Gablé. A la fois fun et inquiétant, « Rhume » est par ailleurs mixé par Christian Quermalet, à la ville leader des bons et mystérieux Married Monk. Musicalement rien à voir, mais beau gage de qualité pour ce drôle d’album pas drôle.